'Infinite Landscape' / E-raum , Cologne.
from the 9th November to the 15th December

Former student of Annette Messager at the Beaux-Arts de Paris, Gaëlle Chotard sculpts, draws and films a strange, poetic and haunting universe.
With great precision, she blends organic forms, somewhere between lymph nodes and rhizomes. If, in her previous expositions, her sculptures, often placed in the dark, were only bound by a common thread without any link, this time she has chosen to expand upon this for the E-raum space, with every cell linked together as in a living system. In addition, she has abandoned the single view point in favour of several angles, releasing energy in doing so. It's a system that can be contemplated at any point or position, although the notions of story and succession remain important. We have, first of all, an enclosed space, with a small, strange, dense mass within, followed by an ethereal drawing which fills its space with freedom, as though the initial node has 'hatched'.
Here, we cannot help but recall Deleuze and his definition of the principal characteristics of a rhizome, drawn from 'Mille plateaux':
“Let us sum up the principle characteristics of a rhizome: quite different from trees, or their roots, the rhizome connects points in an arbitrary fashion. (...). It is not composed of parts, but rather of dimensions, or better still axes. It has no end, or beginning, but always a middle from whence it grows and expands. (...). The rhizome advances by variation, expansion, conquest, capture, injection. (...). What is of interest in the rhizome is its rapport with sexuality, fauna, flora, the world, politics, literature, with things both natural and artificial, quite different to that of the tree: all kinds of 'futures'.”
In 'Infinite Landscape', Gaëlle Chotard responds to the earthbound entities of Pétra Albrand, with fragile and ethereal entities, reworking her favoured themes:
Structure/Chaos: Structure on 2 levels: firstly that of the knit that she constructs for each piece, and secondly that of the links that connect the different pieces to form a web. Chaos in the sense of the openness, availability and attention with which things present themselves, the desire to let an associated thought reign free, or an image to recall another.
Landscape/Mental: the night sky, where thoughts appear in a flash like shooting stars ricocheting off each other, echo of a neurone synapse.
Introspection/Projection: Reflecting a psychoanalytical study reworking the idea of a pathway.
If the artist remains forever in introspection, in relation to the emotion incited by a place, it is because she would like the freedom to let herself go, to channel her pain in order to take us elsewhere, to enable us to feel and retain these moments of silence.


Valentine Meyer

 

 

« Infinite Landscape » à l’espace E-raum, Cologne, du 9 novembre au 15 décembre 2007

Ancienne élève d’Annette Messager aux Beaux-Arts de Paris, Gaëlle Chotard sculpte, dessine et filme un univers étrange et poétique qui nous hante.
Elle tricote avec précision des formes organiques entre nœud lymphatique et rhizome. Si lors de ses précédentes expositions, ses sculptures, souvent placées dans l’obscurité, étaient juste retenues par un fil sans lien avec les autres; elle a choisi pour l’espace E-raum, de réaliser une œuvre toute en expansion, chacune des cellules étant reliée aux autres comme dans un système vivant. Ainsi il n’ y a plus de vision monoculaire, mais plusieurs angles de vue, avec une circulation des énergies. C’est un système à entrées et sorties multiples même si la notion d’histoire et de parcours reste importante. Il y a d’abord une pièce fermée, avec une petite chose étrange et dense à l’intérieur ; ensuite c’est un dessin aérien qui se déploie dans l’espace comme une libération, une éclosion du nœud initial.
On ne peut s’empêcher de se rappeler Deleuze et sa définition des principaux caractères d’un rhizome, issue de « Mille Plateaux » :
« Résumons les caractères principaux d’un rhizome : à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque. (…). Il n’est pas fait d’unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes. Il n’a pas de commencement, ni de fin, mais toujours un milieu par lequel il pousse et déborde. (…). Le rhizome procède par variation, expansion, conquête, capture, piqûre. (…) Ce qui est en question dans le rhizome, c’est un rapport à la sexualité, mais aussi avec l’animal, avec le végétal, avec le monde, avec la politique, avec le livre, avec les choses de la nature et de l’artifice, tout différent du rapport arborescent : toutes sortes de « devenirs ». »
Dans « Infinite Landscape », Gaëlle Chotard répond aux présences terrestres et ancrées de Pétra Albrand par des présences fragiles et aériennes reprenant les articulations chères à son travail :
Structure/ Hasard : Structure à double niveau : d’abord celle de la maille qu’elle construit pour chaque pièce, et deuxièmement celle de l’articulation entre les différents pièces pour former un réseau. Hasard dans le sens d’ouverture, de disponibilité et d’attention aux choses qui se présentent, l’envie de laisser libre cours à une pensée associative où une image en appelle une autre comme dans les cadavres exquis.
Paysage/ Mental : le ciel la nuit, où les pensées apparaitraient par flash comme des étoiles filantes se répondant entre elles, écho d’une connexion mentale.
Intériorité/Projection : Reflet d’un travail psychanalytique reprenant l’idée du parcours.
Si l’artiste reste toujours dans l’intériorité, dans un rapport à l’émotion suscitée par un lieu, elle aimerait ici arriver à se lâcher dans l’espace avec une certaine liberté, à canaliser ses angoisses pour nous emmener ailleurs, pour nous donner à sentir et se souvenir de moments de silence.


Valentine Meyer

 

 

« Au fond » galerie Claudine Papillon, Paris, septembre 2007

Au seuil de l’exposition, une série de dessins à la plume et à l’encre argentée sont comme des paysages mentaux, ou des tests de psychologie projective.
Une petite sculpture, de forme mystérieuse et étrange, à la structure rhizomatique et tubulaire, est suspendue par plusieurs fils dans un équilibre travaillé. L’artiste confie que cette sculpture a été pensée à la fois comme un zoom en profondeur et un point final mis à ce voyage de l’inconscient proposé par les œuvres.

Un rideau noir ouvre sur un espace plongé dans l’obscurité où six formes originelles graciles, en suspension, tenues par plusieurs fils se balancent ostensiblement au gré du déplacement de l’air. Le travail de l’artiste est minutieux et précis. Ces petites formes organiques constituées de mailles ajourées, blanc bleutées, sorte de tubulures de fils métalliques, d’excroissances et protubérances scintillantes teintées d’érotisme, sont réalisées dans une technique mixte de tricot, de crochet, et d’inclusion de grillage métallique très fin, à l’aide notamment d’outils spécifiques inventés par l’artiste.

Pour chacune des sculptures, une petite lampe diode électroluminescente, qui génère une lumière blanche puissante, projette sur les murs blancs une image agrandie, un double fantomatique de ces formes étranges. Ce dispositif met en valeur les détails de chacune des sculptures intrigantes et légères et donne l’impression d’un théâtre d’ombres aux formes mystérieuses.

Deux petites pièces attenantes à l’espace principal proposent de nouvelles expériences. La première, toute en rondeurs, accueille une autre sculpture, suspendue par un seul fil, qui tourne sur elle-même dans une sorte de ballet hypnotique et obsédant. L’espace est envahi par l’image projetée de la forme tournoyante, d’une couleur sanguine et délicate, obtenue grâce à une diode rouge.
Cette mise en scène est pensée par Gaëlle Chotard comme une introspection organique, un voyage dans les entrailles de la forme, une vision intérieure. La petite pièce rouge tranche avec la lumière bleutée de la grande salle principale, et marque l’ambiance chaud/froid de l’ensemble.

Dans la deuxième petite pièce, une installation composée d’une vidéo très courte, projetée en boucle, et d’une racine tricotée très serrée en fil de coton noir, propose une réflexion sur la profondeur. La vidéo montre une femme de dos portant un enfant, et qui marche dans la nature en donnant l’impression de s’enfoncer dans la terre. La racine, accrochée contre le mur blanc avec ses ramifications inversées, est là pour accentuer la référence au voyage intérieur mental.

Gaëlle Chotard dans cette exposition nous convie à un voyage poétique et psychanalytique. L’œuvre fantasmatique, minutieuse et précise de Gaëlle Chotard met en scène et en mouvement subtil des cristallisations de l’inconscient, formes étranges et organiques qui oscillent entre la fragilité, la complexité et l’érotisme.

Carine Pouvreau

 

 

« Au fond » galerie Claudine Papillon, Paris, septembre 2007

Pour sa première exposition personnelle à la galerie Claudine Papillon, Gaëlle Chotard présente des installations, dessins et sculptures, qui mêlent ombres et volumes, lignes et mouvements, suspensions et projections.Les dessins qui ouvrent l'exposition convient l'esprit à explorer le corps. De ramifications en infiltrations, des formes noires traversent les profondeurs de l'être.Gaëlle Chotard réalise des oeuvres précises et minutieuses, issues des abysses, de cellules organiques ou végétales. Plongées dans l'obscurité, Au fond, formes métalliques suspendues face à leurs ombres démultipliées, nous plongent dans le rêve, suggèrent l'érotisme, dévoilent notre intérieur. Au fond rouge par sa transparence et sa couleur pénètre le mental par l'anatomique. La circulation de l'air donne vie aux sculptures qui s'animent de manière aléatoire.Un mouvement doux apparaît dans l'installation vidéo Troubles, l'image d'une femme de dos oscille lentement tandis qu'une racine semble croître sur le mur. La perception du temps se trouble par une succession de mises en abîme.Les sensations créées par l'exposition nous emmènent dans un voyage imaginaire. L'inconscient est mis à nu, révélé, magnifié à l'image de cette œuvre suspendue : reliées à des dizaines de fils, amorçant une lente ascension, des racines ouvrent vers d'autres espaces intérieurs.

Marion Papillon

 

Les oeuvres de Gaëlle Chotard ont quelque chose d’évident, et pour faire un jeu de mot — d’évidant. Pour aller du lointain vers le plus proche, disons tout d’abord qu’il s’agit de traits dans l’espace, l’artiste dessine dans le vide, donne une échelle, une mesure à l’air qui circule tout autour. Quelque chose comme un rapport atmosphérique : à chaque espace « plein » répond un autre, vacant. Cette logique, que l’on perçoit à quelques mètres, se vérifie à la surface microscopique des oeuvres et tient au matériau qui prédomine dans son travail : le fil à coudre, qu’elle tricote. À quelques centimètres, c’est plutôt un sentiment d’étonnement qui attrape le spectateur.Comment peut-on tricoter du fil à coudre et obtenir cette texture —cette enveloppe — faite de milliers et de milliers de mailles ?... C’est épatant, mais justement l’artiste ne revendique aucune virtuosité, et lorsqu’on lui pose la question, elle avoue que ça lui prend un temps fou pour réaliser des pièces de quelques centimètres, elle concède avoir inventé des outils bien spécifiques pour obtenir un tel résultat, mais c’est tout : surtout pas d’esbroufe, ce n’est pas l’enjeu du travail, qui est tout entier tourné vers la précision. Ce temps de réalisation néanmoins, on peut bien évidemment supposer qu’il laisse tout loisir à l’esprit pour rêver, pour divaguer… et pendant ce temps, les oeuvres poussent. Toutes les oeuvres de Gaëlle Chotard donnent à voir une logique interne qui n’a rien à envier aux méduses, aux micro-organismes et autres corps stupéfiants que la nature s’ingénie à fabriquer. Sans Titre (2005) est une pièce qui mélange exactement une dimension interne, organique (dans son sens quasi médical) et une autre externe, animale. Pour le dire vite, il s’agit d’un collage entre ce qui ressemblerait à des bois de cerf et deux « artères ». Toujours dans cette même enveloppe de minuscules mailles. L’artiste travaille d’ailleurs souvent cette forme de dualité. Dans Vers toi (2004), une sorte de grand réseau circulaire (de veines ? de filaments? de racines ?) posé au sol répond à une vidéo installée au-dessus de lui, qui montre une barque à moteur barrée par un homme sur un plan d’eau. Pour l’artiste, il s’agissait d’opposer deux principes « primitifs » : celui du féminin qui s’enracine, s’accroche et se déploie au sol et celui du masculin, qui traverse… Une mise en tension entre un centre et un vecteur en quelque sorte, un dialogue érotique aussi, qui imprègne d’ailleurs tous les travaux. Des orifices, des excroissances, des rondeurs… des formes hypothétiques : une pièce, Au fond (rouge) réalisée en 2005, nous montre un petit « organe » fait de filaments de fers, de mailles et de fils, suspendu à un câble mince. Une diode rouge est disposée devant lui et projette son ombre surdimensionnée au mur, créant une tension étonnante entre le volume que nous voyons et son double, comme aplati au mur. La pièce, très légère, subit les courants d’airs engendrés par les mouvements du spectateur et l’ombre s’anime par des effets de superpositions psychédéliques. En dehors de l’effet visuel très réussi, cette pièce parle aussi peut-être avec poésie de la représentation mentale que nous avons de notre propre corps : un corps multiplié par la jouissance ou la douleur , que nous auscultons par nos manies, nos inquiétudes ou nos désirs. Un corps en prise avec l’animal doué de pensées que nous sommes et protégé du monde par quelques millimètres de peau.

Gael Charbau - ''Trouble'' éditions Filigranes 2006


                                    

 

Si l’atelier de Gaëlle Chotard ressemble bien plus à celui d’une couturière qu’à n’importe quel espace convenu d’un artiste contemporain, rien de plus normal. L’essentiel de son travail est fait à base de fil de coton, de laine à broder, de tissu, de latex et autres matériaux textiles du même acabit et ses outils de prédilection sont l’aiguille, le crochet, l’épingle, le dé à coudre, la loupe, etc. Ceci dit, l’artiste n’en pratique pas moins des médias plus attendus comme le dessin, la photographie ou la vidéo. L’intérêt de sa démarche réside précisément dans cette façon qui lui est très personnelle de mettre en jeu tous ces matériaux et toutes ces techniques dans des protocoles de travail qui débouchent sur une production plastique pour le moins étonnante. Griffes, Pattes, Llamas, Fermer les yeux, Nœuds lymphatiques…sont les titres de quelques-unes de ses réalisations qui se présentent comme de petites pièces tissées qu’elle utilise en prothèses sur son corps, se photographiant avec.Ces pièces peuvent également n’exister que pour elles mêmes sans aucune finalité d’usage. Gaëlle Chotard a ainsi brodé deux petits bonnets noirs qu’elle a placés par suite sur ses yeux et s’est prise en photo plein buste, le tout composant dans une petite boîte en bois une pièce d’une grande force poétique. Invitée il y a deux ans en résidence au Pérou dans le cadre d’un « programme à la carte » de l’AFAA, elle a pu confronter son travail à la culture d’un pays réputé pour ses tissages. La pièce intitulée Cils qu’elle y a notamment réalisée se compose de deux éléments tissés très fins, qui reprennent en l’agrandissant la forme de faux cils et qu’elle a placés sur son visage.Une photo montre l’artiste tête légèrement penchée, les yeux complètement masqués. Ailleurs, l’artiste s’invente toutes sortes de situations, plus ou moins étranges, qui déroutent et fascinent à la fois, mêlant fable et fantasme, conjuguant vision microscopique et monde onirique où émergent animaux et personnages dignes d’un conte. Singulier, l’univers de Gaëlle Chotard est celui d’une intimité sensuelle et ses objets, ses images sont toujours à fleur de peau. Quelque chose d’organique est à l’œuvre qui place son travail dans une relation au corps ouvragée et délicate.

Philippe Piguet - L’œil Novembre 2004

 

 

 

Le fil et la maille

En utilisant le fil et la maille, le textile compose l'essentiel de votre création…

C'est une sensibilité que j'ai depuis l'enfance. Par son côté tactile, le textile s'est imposé d'emblée, sans doute parce que ma mère étant styliste, j'ai grandi dans les pelotes de laine. Pour exprimer quelque chose, il faut d'abord maîtriser une technique. Celle du tricot est alors devenue mon principal mode d'expression.

Mais on n'apprend pas le tricot aux Beaux-Arts ?

On n'y apprend d'ailleurs pas de technique. Ces quatre années sont l'objet d'une recherche artistique. Aux Beaux-Arts, nous étions tous en quête d'un mode d'expression différent. J'ai choisi le tricot parce qu'il y avait peu d'artistes qui l'utilisaient et je me suis attachée à détourner cette technique qui peut paraître un peu ringarde, comme le cliché de la grand-mère sur son rocking-chair. Au travers des lignées de femmes qui ont cousu des vêtements ou confectionné des napperons, utiliser le tricot en tant qu'artiste et femme pour en faire des œuvres d'art s'inscrit sûrement dans une continuité de ma féminité. Mais ce qui m'intéresse avant tout, c'est utiliser cette technique pour l'emmener ailleurs.

En quoi la détournez-vous ?

Tout simplement dans le fait de créer des objets en trois dimensions qui s'apparentent plus à la sculpture, et dans celui d'aborder des sujets qui n'ont rien à voir avec la finalité initiale du textile. J'ai aussi la volonté que ces techniques soient toujours utilisées et surtout vues autrement. Les gens ne prennent plus le temps. Cela vaut aussi bien pour le quotidien que pour l'art contemporain où tout devient très conceptuel : beaucoup de pièces ne reposent plus sur la fabrication, on rejette ce qui prend du temps à être réalisé. Je pense que le temps accordé à une technique est nécessaire pour aboutir à quelque chose.

Quelle est justement l'importance du temps dans votre travail ?

En ce moment je produis des pièces plus grandes. Je mets jusqu'à cinq mois pour réaliser une pièce d'un mètre cinquante de diamètre. Cela me permet de laisser mûrir les choses et, dans le même temps, de concevoir d'autres œuvres réalisables en trois jours .Je travaille toujours la maille avec de petites aiguilles et du fil fin, habituellement utilisés en couture. Le résultat est très minutieux et les mailles sont tellement fines qu'on en oublie la technique. La taille de mes pièces est souvent minuscule, et il s'établit alors un rapport à l'intime, à ce qui est enfoui. Je m'inspire de l'intériorité du corps – avec sa lymphe ou ses cellules – pour emmener ce corps vers quelque chose de toujours plus étrange.

En effet, la plupart de vos œuvres présentent des transformations de l'humain à l'animal par des petits morceaux du corps : d'étranges extensions au bout des doigts ou des pieds, sur le visage ou juste sur les yeux…

Je ne travaille pas sur la performance, ni la mutation, mais bien plus sur la perception, le moyen d'éveiller le spectateur à des sensations lui permettant de se transporter dans un univers. Ce rapport à l'animalité souligne la part de violence en nous, cette part sauvage que l'on ne veut pas voir. C'est infime comme ces griffes, ou ces sabots en maille qui se placent juste à la pointe du pied. D'autres pièces comme les trophées – des cerfs, sans yeux ni bouches, sans expression, dont on distingue la tête avec ses bois – abordent également ce sujet : tout tricoté de blanc, ce sont de jolis objets, minutieux comme des bijoux. Ils contiennent à la fois la douceur de l'intimité et la violence d'une tête coupée qu'on accroche sur un mur.

Quelle est la pièce que vous réalisez en ce moment ?

C'est une sorte de branche d'arbre renversée, accompagnée d'une vidéo que je pense en même temps que sa confection. La pièce pourrait se suffire, mais l'image apporte un mouvement, quelque chose de vivant. On voit une femme de dos qui marche et descend au ralenti comme si elle s'enfonçait. C'est tout doux. En écho à cette branche qui ressemble à une racine, sa descente évoque les profondeurs, l'étourdissement qu'on peut ressentir en se figurant le fin fond de l'espace, ou tout simplement ce qui nous constitue. Le vertige qu'on éprouve face à la vie.

Olivier Gaulon, arearevue)s( n°10, été 2005

 

 

Les Idées noires sont de minutieuses œuvres de tricot, des petites créatures arborescentes, des mollusques ou encore des végétaux finement cousus de fil noir. Commeles rejetons informes d’un imaginaire étrange et tourmenté, minuscules et pourtant si présentes sur le grand mur blanc, elles semblent douées de vie et prêtes à composer un théâtre en ombres chinoises totalement fascinant.

Clémentine Aubry, paris-art, septembre 2003


 

 

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